A la sortie de l’hiver, nous levons les yeux, observons l’horizon, guettons les premiers bourgeons signe de l’arrivée du printemps. Les premiers signes se cachent bien ailleurs, dans la lumière printanière à quelques centimètres du sol…

Les plantes à floraison printanière

Quelle beauté, tel un conte de fée, devant nous se dresse un tapis jaune sans fin. Les pentes sont recouvertes à perte de vue de narcisses des bois. Ces fleurs de printemps sont comme des petits signaux « l’hiver est fini ». Les arbres sont encore nus de leurs bourgeons, la lumière printanière traverse leurs branches et donne vie à ces plantes dès février. Une des toutes première plante porte bien son nom : le perce-neige ! 🌱

Narcisse faux narcisse ou Narcisse trompette (Narcissus pseudonarcissus) – ©Susy MARTIN

Les supers pouvoirs du printemps

Les couleurs de l’hiver se mélangent à celle du printemps, ce qui rend magique ce moment de l’année : à travers la mousse verte et les feuilles mortes orangées, des plantes colorées recouvrent le sol : violet, rose, jaune, blanc, bleu, vert. Le cycle de reproduction de ces espèces est court, entre la fin de l’hiver et avant l’arrivée des feuilles dans les arbres. Hautes de seulement quelques centimètres pour la plupart, leurs larges pétales les rendent pourtant bien visibles sur le sol du sous-bois.

Flore vernale : l’atout biodiversité

Pouvoir insoupçonné ! Ces plantes sont non seulement belles et colorées, mais elles fournissent aux bourdons et aux abeilles qui se réveillent de leur hivernation, leur premier nectar et pollen. Elles constituent donc une source de nourriture extrêmement importante pour les insectes dans le froid du printemps.
A travers ces fleurs se dresse la Fritillaire pintade, une fleur rose pourpre et blanche très délicate, merveilleuse. Une espère protégée que l’on trouve dans les sous-bois humides à sol argileux. Certaines autres comme l’Ail des ours, rend nos belles vallées toutes blanches dans notre région et nous plonge soudain dans une odeur d’ail.

Petite pervenche (Vinca minor) ©Manon BERGES
Coucou des bois (Primula elatior) ©Manon BERGES
Violette des bois (Viola reichenbachiana) ©Manon BERGES
Hellébore vert (Helleborus viridis) ©Manon BERGES
Pulmonaire à feuilles longues (Pulmonaria longifolia) et Anémone des bois (Anemone nemorosa).
Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris) : espèce protégée ©Manon BERGES
Anémone des bois (Anemone nemorosa) ©Manon BERGES
Anémone hépatique (Hepatica nobilis) ©Manon BERGES
Érythrone dent-de-chien (Erythronium dens-canis) ©Jérémy THIEVIN
Cardamine des prés (Cardamine pratensis) ©Manon BERGES

La Cardamine des prés est une plante vivace qui se développe dans les milieux frais et humides, elle est la principale hôte du papillon Aurore dont les ailes antérieures du mâle sont orange bordées d’une petite bande noire alors que la femelle est blanche.

Scille Lis-jacinthe (Tractema lilio-hyacinthus) ©Manon BERGES
Daphné lauréole (Daphne laureola) ©Manon BERGES
Bombyle (Bombylius sp.) ©Manon BERGES
Paon-du-jour (Aglais io) ©Manon BERGES

Nos remerciements à Jérémy Thévin, chargé d’études à l’association AREMIP – Action Recherche Environnement Midi-Pyrénées, qui nous a permis de rédiger cet article.

L’AREMIP est une association loi 1901, basée à Montréjeau (31). Elle travaille sur l’étude et la gestion du patrimoine naturel, de la faune et de la flore : inventaires, suivis, cartographie Elle anime également des sites Natura 2000, en mettant en œuvre des actions de préservation des milieux naturels par des mesures agro-environnementales et des contrats. Elle a une mission d’assistance technique et de conseil auprès de propriétaires et gestionnaires de zones humides (cellule d’assistance technique zones humides). Enfin, sur les thèmes sur lesquelles elle travaille, elle assure des animations pour le grand public ou pour les scolaires.

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